( AFP / PHILIPPE HUGUEN )
La première cause d'absentéisme au travail est la maladie, qui concerne 90,03 % des arrêts en 2025.
C'est un nouveau record. En 2025, le taux d'absentéisme dans les entreprises en France a atteint 4,68 %, en hausse de 0,27% par rapport à l'année précédente, selon l’Observatoire des arrêts de travail du groupe de protection sociale et patrimoniale Apicil* dans un communiqué publié jeudi 24 septembre. Le chiffre dépasse même son niveau de 2022, qui s’établissait à 4,61 %. "Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation du nombre d’arrêts de plus de 90 jours" , analyse le rapport.
En effet, les absence de longue durée sont la majorité : les trois quarts des arrêts de travail sont de plus de 30 jours, et plus de la moitié sont de plus de 90 jours. Le micro-absentéisme est néanmoins aussi en hausse : un arrêt sur quatre est de moins de trois jours. Les salariés sont de plus en plus nombreux à s'absenter au moins une fois - de 26,98% en 2024 à 27,68% en 2025 - tandis que la durée moyenne des arrêts diminue, de 19,85 à 19,45 jours. "Le nombre moyen d’arrêts par salarié absent passe de 1,83 à 1,90", ajoute le rapport.
Pourquoi les salariés s'absentent-ils ? Première raison : la maladie, qui concerne 90,03 % des arrêts en 2025. Les temps partiels thérapeutiques sont le deuxième motif d'absence, avec une part à 4,57 %, en hausse de plus de 32 %, tandis que leur durée moyenne recule de 44,15 à 35,99 jours. Les arrêts les plus longs sont causés par les maladies professionnelles : leur durée moyenne est de 115,67 jours, devant les accidents du travail, à 43,12 jours. 42,75 % des arrêts de plus de 30 jours sont liés à des troubles psychiques, et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques.
Discussions prévues entre le ministre du Travail et les partenaires sociaux
Les ouvriers sont la catégorie professionnelle la plus touchée par l'absentéisme : le taux atteint 6,52 %, tandis qu'il est de 2,52 % chez les cadres. Ce chiffre est également plus élevé chez les salariés de 60 ans et plus - 5,92 %, contre 3,54 % chez les moins de 30 ans. Les femmes sont un peu plus nombreuses à s'absenter - 5,60 %, contre 3,76 % chez les hommes. Les données diffèrent aussi selon la nature du contrat : le taux d'absentéisme atteint 4,97 % chez les travailleurs en CDI avec une moyenne de d'arrêt 21,31 jours, il est de 1,99 % pour ceux en CDD et une moyenne de 9,14 jours. "La proportion de salariés absents au moins une fois s’élève à 32,10 % en CDI, contre 13,36 % en CDD", souligne le rapport, précisant que "la précarité liée aux contrats courts peut conduire certains salariés à travailler alors que leur état de santé justifierait un arrêt."
Mi-septembre, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé le lancement prochain de discussions avec les partenaires sociaux sur la question des arrêts-maladie. En début de semaine, le président du Medef Patrick Martin a de son côté pointé "un nombre d'arrêts-maladie de courte durée qui augmente d'une manière parfois suspecte" et estimé qu'un non-remboursement des arrêts de courte durée aurait un "effet comportemental" sur ceux qui en abuseraient.
* La 5e édition de l’Observatoire des arrêts de travail publiée en 2026 s’appuie sur les données de plus de 55 000 entreprises clientes et a été réalisée avec le Groupe JLO, cabinet intégré de conseil RH et QVCT.
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